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Wikipedia : ‘Tobago est une île d’une superficie de 300 km2 située au sud des Antilles. Elle est une des deux îles principales de la République de Trinidad-et-Tobago, l’autre étant l’île de la Trinidad. La ville de Scarborough est le chef-lieu de l’île.’ Environ 54 mille habitants, surtout dans la côte sud-est qui la plus touristique. C’est très montagneux, et recouvert d’une végétation exotique. On y parle anglais, le dollar TT (cf nom du pays) est la monnaie avec en gros 8 TT pour un euro. Pas possible de payer par carte, donc trouver un DAB devient une activité récurrente… L’ambiance est assez cool d’un côté, avec les gens avec dread locks, souvent de la musique dans les rues, la ganja qui se fume parmi les groupes d’hommes… D’un autre côté, c’est plus stricte, un peu ambiance anglo saxonne, avec les jardins bien tenus, et prière d’avoir des enfants qui savent se tenir tranquille, sinon on vous fait des remarques… Oups ! Sinon côté météo, il fait chaud et il pleut suffisamment souvent et fort pour qu’une autre activité récurrente devienne l’ouverture/fermeture des hublots. La faune et la flore est tropicale. On aperçoit une tortue, pleins de pélicans et de frégates dans le ciel, des sternes et autres volatiles des forêts comme des motmots et espèces inconnues de nous. Des bananiers, des cocotiers, des cacaotiers, des bambous qui ont 100 ans d’âges, des noix de cajoutiers (noyer de cajou?), des sensitives, et c’est juste ceux dont je me souviens… moins exotiques mais toujours sympathique, des poules et leurs poussins se baladent dans les rues. Beaucoup moins sympathiques, les ya-ya (ou yin-yin) sont des petites bêtes dont les morsures sont comme des piqûres de moustiques mais plus grattant et qui durent plusieurs jours… ça me réveille la nuit pour me gratter, et le plus irritant c’est que Laurent n’en a jamais à côté… !

Le mouillage au nom évocateur de Pirate’s Bay est très abrité, profond, avec 15 m d’eau sous le bateau, dans un écrin de parois abruptes et foisonnantes de végétations. Une plage déserte en face du bateau, un petit village pour le ravito et un accès internet à la bibliothèque. Que demander de plus ? Sur la petite dizaines de bateaux autour de nous, nous avons le plaisir de reconnaître Manwé que nous invitons illico à prendre l’apéro le soir de notre arrivée.
Et nous faisons la connaissance de 2 autres bateaux français avec enfants à bord.
Sur Annouaye, Sylvie et Eric vivent avec Ellie et Malou (6 et 3 ans). Ils viennent de Martinique et vivent toute l’année sur leur bateau depuis 2 ans, faisant de longs voyages pour découvrir les îles antillaises et faire des rencontres, puis rentrent en Martinique quand il faut remplir la caisse de bord. Ils nous apprennent pleins de choses sur Tobago où ils sont depuis 4 ou 5 mois, et sur les autres îles où nous iront, sur la pêche etc… D’ailleurs, invités à prendre l’apéro sur Callinago, ils arrivent avec 2 belles carangues prêtes à enfourner. Classe !


Nous les retrouvons par hasard à la bibliothèque et direction le resto ensemble, pas loin du poste des maîtres nageurs, vue sur la plage. Il faut être patient (vive la carib pour patienter), mais ça en vaut la peine, le repas est délicieux. Pas loin de ce resto, Lucile nous avait convié à un repas pou les enfants à l’occasion de Noël que l’on a loupé, mais là encore, une bonne adresse chez une femme très généreuse et proche des enfants (en ayant 5 à elle!).
Errance est le bateau de Séverine et Eric avec Maé et Kaëlan (9 et 10 ans). Ils sont partis de Méditerranée depuis avril et se tâtent pour poursuivre ou pas leur périples. Nous passons le réveillon de Noël en leur compagnie !
Et les enfants sont émerveillés de voir débouler un vieux gréement toutes voiles dehors, le wylde swan, ; bateau école pour ados hollandais. On croirait un vrai bateau de pirates:o)

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Nous nous trouvons bien ici, et les journées et semaines passent vite. On se fait aux lieux et aux visages d’ici. Sur la plage, il y a beaucoup de vagues, mais elles ne sont pas dangereuses. Cela corse juste les départs et arrivées en annexe, alors parfois on la laisse dans l’eau, à l’ancre. Les enfants passent des heures dans les remous. On peut même y faire un peu de lessive car un jet d’eau douce descend de la montagne non stop. Ca dépanne :o)
C’est d’ailleurs sur cette plage que l’on passe le réveillon de Noël, à la lueur d’un grand feu, et des lucioles qui clignotent dans le mur de verdure. Bien sûr on pense à la famille resté en France, mais c’est une parenthèse dans notre vie bien rangée, alors on apprécie d’être ici dans ce cadre extra-ordinaire !

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Nous louons une journée une voiture pour se balader dans l’île, histoire de dire. Les routes sont pentues ++ et pas très larges. Sensations garanties… conduite à gauche pour pimenter le tout, et parfois une route à tailler à la machette lorsqu’une pluie a mis le bazar dans tout ça. Nous faisons plusieurs haltes sur la côte nord, et mangeons à la capitale, Scarborough. Rien de mémorable. Il faut dire qu’on ne fait que passer. Et à côté de Roxborough, nous allons dans une cascade, à Argyle water falls. Je pense la première fois que les enfants se baignent dans ce type de décor. Mais les derniers kilomètres, de nuit, ne sont pas rassurants…

Laurent fait pas mal de virées sous l’eau, emmenant avec lui les garçons quelques fois. Sous l’eau il y a beaucoup de poissons mais difficile de savoir quoi chasser dans tout ça… On se soucie du risque de Ciguatera, une toxine qui peut se trouver dans certains poissons prédateurs des récifs corallien. Même si selon Sylvie et Séb, il n’y a pas ce risque à Tobago, on préfère jouer la prudence, surtout avec les enfants…

ciguatera

 

On voit aussi plusieurs fois le poisson lion qui prolifère ici car il n’a pas de prédateur. Il est très dangereux avec ses piquants venimeux et on recommande de le chasser, mais attention à la bestiole une fois au bout de la flèche, sous peine de finir à l’hosto ! Pour autant, nous rencontrons 2 québécois qui les pêchent pour les manger et en font des festins. Ils ont la technique notamment pour lever les filets avec pinces à brochette pour ne pas toucher les piquants !
Laurent ramène aussi une énorme araignée de mer.

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Enfin, nous faisons une virée en bateau à Castara. En y allant, nous passons quelques heures à English man’s Bay, où Laurent va plonger pendant que les enfants et moi allons à la nage à la plage. C’est un peu sportif surtout pour Yanis, mais avec une planche et moi qui le tire en palmant, ça passe nickel. Et ça évite d’avoir à utiliser l’annexe sur une plage avec des bonnes vagues…

DSC02020 - Copie (1024x768).jpgA Castara, on fait un saut à terre et on arrive par hasard à une cascade. Quelques courses, un goûter et on rentre au bateau. Il pleut fréquemment et fort, et même s’il fait chaud globalement, c’est toujours un peu casse-pied à la longue. Le lendemain après-midi, le matin étant toujours occupé par l’école, Laurent et Jeanne vont à terre pendant que les gars et moi on reste à bord et on se défoule en sautant du bateau. Puis après 2 nuits dans ce mouillage plutôt rouleur, on repart au petit matin.
Nous voulons passer le réveillon du nouvel an à Grenade au nord-est de Tobago et nous sommes déjà le 28 décembre…
Donc le réveil est à 5h du matin (j’ai essayé de négocier 5h30 mais pas moyen…scandale !). Le temps de tout préparer et nous partons au petit jour pour une bonne tranche de près. Ça faisait longtemps, ça penche, on a mis la trinquette à l’avant, et du coup en 2h30 on rentre au bercail, dans Charlotte’s ville.

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Objetifs :
faire les papiers de sortie (Laurent)
écouler nos derniers TT (moi),
profiter du wifi de la bibliothèque.
Pour Laurent ça avance bien le matin, mais il nous manque des sous, restés au bateau, donc obligé de revenir à 14h. Dommage, à 14h il pleut des cordes… mais ça ne se calme pas, alors il y va quand même et passe un long moment à attendre un douanier qui ne viendra pas. Aïe. On a des papiers de clearance de l’immigration, tant pis, on fera sans ceux de la douanes. On espère que ça passera bien à Grenade.
Pour le point wifi, pas de chance, une panne d’électricité est en cours… Pas possible d’appeler les familles ni de récupérer la météo. A priori, côté météo, il y a 20 nœuds établis de prévus, au portant ça devrait bien avancer.
Pour les courses, je fais le plein de fruits et légumes, et tout y passe sans difficultés, y compris les sous qui étaient initialement alloués à la douane ! Une autre façon de participer à l’économie locale.

Retour en famille en bateau et gros rangement avant de partir, cette fois à la nuit tombée. Le départ se fait avec la grand voile hissée, c’est un poil tendu car il y a des bateaux autour, l’orin à gérer, mais ça le fait.
Une fois sortis de l’abri de la baie, le vent monte assez vite. Tant et si bien que Laurent décide de prendre la météo avec le téléphone satellite, mais les gribs confirment les 20 nœuds indiqués dans l’après-midi. La grand voile prend un premier ris, puis un deuxième et les 20 nœuds établis se transforment en 30 nœuds, avec une bonne houle de travers. Autant dire que ça swingue à l’intérieur, et que je ne suis pas rassurée. Heureusement une demi-Lune nous donne un peu de luminosité. Mais lorsqu’il faut prendre un ris, barrer à 30 degrés du vent pour permettre à Laurent d’affaler et régler la grand voile, c’est un peu la panique pour moi. Heureusement Laurent assure. Il me laisse la veille entre 21h et 23h et je compte les minutes … Côté enfant, à part Yanis qui se plaint d’être barbouillé mais qui gère son mal de mer, RAS. Et ils apprécient le repas chips-cacahuètes que j’improvise, ne me sentant pas le courage ni la sérénité de cuisiner…
Au radar on voit des grains au loin, ça va pas s’arranger. Au milieu de la nuit, on voit des pointes plus fortes du vent, puis une accalmie. Nous décidons de prendre le 3ème ris illico presto. Ce n’est pas anodin car celui là n’est pas automatique et pas prévu. Ça veut donc dire passer le bout de d’écoute dans l’œillet à la chute de la voile (soit faire le singe pour passer le bout à l’arrière de la voile, un mètre au dessus de la bôme). Et aussi accrocher la voile au niveau du mat, au vis de mulet (aller au mat). Ça prend un peu de temps, je dois garder le bateau à peu près face au vent et je suis vite perdue dans toutes ces vagues… Il se met à pleuvoir si fort qu’on est trempé en 2 secondes et que ça fait mal aux yeux tellement les gouttes arrivent vite dedans. Pas un bon moment. Mais heureusement qu’on met ce 3ème ris car dans les grains, il y a des pointes à presque 40 nœuds et avec la grand voile arisée et un mini bout de génois de sorti, ça passe bien, même si certaines vagues déménagent. Puis ça se calme peu à peu et on arrive enfin en vue de Grenade et de Prickly Bay (ou baie aux épines)au petit matin comme prévu. FIOU ! Un peu plus tard on retrouve Sévérine et Eric partis en même temps que nous et on partageons nos impressions de la nuit, et je vois que je ne suis pas la seule à avoir eu peur ! Mais encore une fois, dès la pioche posée au fond d’une baie très remplie, c’est du passé!